Date

vendredi 21 février 2025
Expired!

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Toute la journée

Une journée à Jonzac

             C’est en 2018 que Jonzac a reçu la visite de nos adhérents ; quelques-uns ont éprouvé le désir d’y revenir pour découvrir d’autres aspects de cette petite ville charentaise qui ne manque pas de surprendre. 27 inscrits pour cette journée qui s’effectuera avec les voitures particulières.
               L’organisation est étudiée et partagée en amont avec Daniel P., chaque chauffeur avec ses passagers (ou pas car  il y a suffisamment de véhicules) dispose de son autonomie pour les trajets aller et retour, pourvu que les horaires et le lieu de rendez-vous soient respectés (plan de stationnement fourni).  Une expérience satisfaisante.
             Nos adhérents sont ponctuels au rendez-vous fixé sur le parking, point de départ de la visite de la ville où Sandrine, guide de l’Office du Tourisme nous rejoint.
             Alors pourquoi le choix de Jonzac ?  Beaucoup pensent à la cure thermale, intégrée dans la « chaîne thermale du soleil » : 17 000 curistes en 2019 – le vœu de la municipalité était d’aller jusqu’à 25 000 curistes…-                 
           Mais là n’est pas l’essentiel. Nous allons avoir une meilleure connaissance de cette ville, de ses attraits et richesses à l’occasion des visites (très diversifiées).
 
                Poussés par un vent un peu froid, la visite de la ville nous mène dans le quartier médiéval en démarrant rue de Champagnac, la plus caractéristique, faite parfois de sentes, parfois de passages couverts (emplacements d’anciens fossés, délimitant la ville des faubourgs). Ces passages faisaient partie du chemin de ronde du vieux château (une enceinte concentrique) et jouaient un rôle défensif. 
passage couvert
une nature protégée par ses murs
passage du groupe
Ancienne entrée de ville qui disposait d'une herse, système défensif pour protéger les habitants
               Nous continuons cette rue pour nous diriger ensuite vers le parvis de l’église St-Gervais – Saint-Protais (12ème siècle, agrandie au 16ème. Elle possède une façade romane très large et un clocher avec 3 abat-sons. Le parvis caractéristique est marqué par des dalles cernées de fer symbolisant des sarcophages (fouilles de 2009 qui ont laissé apparaitre un important cimetière mérovingien).
Eglise romane St-Gervais St-Protais et le parvis
Empreintes des tombes mérovingiennes
Empreintes des tombes mérovingiennes
Eglise St-Gervais et St-Protais, une chapelle
Sarcophages exposés en l'Eglise St-Gervais
A quelques mètres, on aperçoit le marché central de style Baltard (1889) – une ancienne halle en bois figurait auparavant face au château, supprimée, remplacée par une belle statue, allégorie de la République.
       Le groupe circule dans les rues commerçantes (l’animation devrait se faire sentir bientôt avec la saison thermale qui redémarre).
Marché central de style Baltard, ouvragé
Commerces au rez-de-chaussée de beaux immeubles
Allégorie de la République sur la place du même nom
                Le parcours débouche sur le Château de Jonzac (XVI et XVIIe) ; l’histoire, ici,  en sera réduite et peut-être même tronquée tant il y a eût d’intervenants et d’aléas ; les guerres anglaises, les guerres de Religions, les troupes huguenotes. La présence d’un château est signalée au XIème siècle sur ce promontoire au-dessus de la vallée de la Seugne.
Vers la vallée de la Seugne, au loin le site des Antilles
                Les familles qui se sont succédées au fil des siècles ont marqué les lieux de leur présence. Les Rochandry du XIème au XIIIème,  les Comborn (pendant la Guerre de Cent ans), les Sainte-Maure , du XVIe au XVIIIe (à signaler que le jeune Louis XIV, la Reine mère et Mazarin ont séjourné au château en 1659). Ensuite le château passe par mariage aux Espardes de Lussan qui le gardent jusqu’à la Révolution.
               Le château n’a pas cessé de s’adapter au fil des évènements historiques, des modes suivies  par la noblesse ; c’est ainsi que la forteresse est devenue progressivement un lieu de résidence pour accueillir des hôtes prestigieux (entre autres Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Mazarin et personnalités politiques, ensuite).
Arrivée place du Château
Chatelet (1er plan) et aile ouest
le Chatelet
le Chatelet
                Au XVème le château est transformé. Un châtelet – une porte d’entrée, protégée par un pont-levis est élevée, elle donne sur une cour d’honneur.            
              Plus tard, construction de la tour sud-ouest, (sur le modèle de la tour nord-ouest). Une curiosité : les mâchicoulis installés sont de formes courantes en Bretagne mais rares en Saintonge.
             Le Chatelet fut appelé donjon compte tenu de ses dimensions imposantes, les bâtiments à proximité ont été détruits, circulation automobile oblige !  
 
Chatelet, entrée (trace du pont-levis)
Sur le blason, la devise de la cité "après les guerres, les loisirs et la paix"
Cour intérieure, à droite du Chatelet (mairie) - Buste de Louis XIV
Mairie qui a succédé au bâtiment du Juge de Paix (inscription sur l'entrée à l'extrême droite)
Aile Sous-Préfecture
Aujourd’hui l’aile nord du château abrite les bâtiments de la Mairie (restaurée au XIXème siècle), et l’aile sud, ceux de la Sous-Préfecture.
             Notre visite se poursuit en pénétrant dans cette tour qui donne accès au chemin de ronde, remaniée et restaurée ces dernières années (18 mois de restauration qui ont permis de mettre à jour de nouvelles salles, des dessins muraux qu’il faudra décrypter, des latrines, une magnifique charpente qui recouvre l’ensemble..).
93 marches pour accéder au chemin de ronde, protégé, abrité suite aux grands travaux de restauration
Maquette de la charpente du Chatelet réalisée par un Compagnon du Devoir de La Rochelle, 2024
Charpente dont les bois ont été renforcés ou remplacés
Charpente restaurée et mise en lumière
Vue du chemin de ronde, place du Château
Le groupe redescend avec précaution les marches de cette tour pour se retrouver place du Château.
Pour l’heure, les estomacs commencent à se manifester… et heureux hasard…le restaurant réservé est à quelques mètres de là !
Le Coq d'or - Place du Château
Les tables sont dressées, nous sommes attendus !
             Après s’être reposé et avoir échangé avec nos voisins de table, il faut satisfaire quelques demandes de visite concernant les salles de la Mairie, celle des mariages et celle du conseil municipal ; notre guide nous y conduit.
             S’ajoutera la visite du petit théâtre Napoléon III, (anciennes écuries du Château), il possède 230 places et accueille des spectacles très éclectiques.
Salle des mariages
Salle du conseil municipal
Petit théâtre dans le château ; sur scène, notre guide
Galeries du Théâtre façon à l'italienne 1862
              Puis, comme convenu, nous retrouvons nos voitures pour rejoindre le parking de la Maison de l’Energie, proche des jardins de la cure.
               La Maison de l’Energie : il s’agit de la géothermie, une ressource énergétique pour la Ville qui s’est développée depuis 1979 : date du 1er forage à 1850m de profondeur – au lieu-dit  Heurtebize – avec la découverte d’une eau à 65°, complété par deux autres forages : Lomega en 1993 et Soenna 2.
                 En 2023, c’est un autre puits de grande profondeur avec un débit supérieur à 80 m³/heure.
                Evidemment, il a fallu des prises de décisions, audacieuses, pour miser sur l’utilisation de cette énergie, ce furent celles de Claude Belot, maire de Jonzac pour mettre en place un chauffage urbain, relayé par des chaudières à bois, permettant de chauffer en priorité les bâtiments publics, hôpital et lycée et une grande partie de la ville (20 km de canalisation en résine). Le reste la Ville est chauffée au bois et bois de récupération.
                L’histoire n’est pas terminée puisqu’à l’issue des forages et après études de la Faculté de médecine de Bordeaux, il s’avèrera que l’eau récupérée possède de nombreuses propriétés, proches de celle de la Bouboule).
              
Présentation du réseau de chauffage urbain - panneaux explicatifs
Utilisation de tuyau, intérieur résine pour le chauffage urbain
                C’est en 1995 que la station thermale est créée avec trois spécialités : rhumatologie, phlébologie et voies respiratoires.
               Avec une eau entre 26 et 36°, elle est devenue la 7ème station thermale de France
               La ville est une station classée ce qui lui a permis d’ouvrir un casino. 
              Pour accéder à la cure,  Le groupe longe les jardins de la station thermale après avoir contourné les bassins dans lesquels se développent des plantes aquatiques.
 
Aménagement de bassins
Entrée de l'établissement thermal, le long ces grottes
                 On s’attardera sur le site troglodytique impressionnant fait de pierre de taille à cathédrale, au lieu-dit Heurtebise, qui se prolonge par la station thermale bâtie avec ces pierres, ce qui est unique en France.
               Cette immense carrière (pour partie un entrepôt pour la ville) que nous avons le privilège de visiter, a servi d’abri pour les hommes et de caches d’armes durant la seconde guerre mondiale qui en fera le plus grand dépôt de munitions de la marine allemande. C’est en ce lieu qu’en juin 1944 périrent, deux jeunes résistants : Pierre Ruibet se sacrifira dans l’explosion et Claude Gatineau y sera fusillé. Une plaque à l’entrée de la grotte commémore l’évènement ainsi qu’un monument dans le jardin public.
Entrée aménagée dans la grotte
Blocs de pierres taillées entreposés
Circulation intérieure ; subsistent les inscriptions de l'occupation des lieux
              La station thermale : nous sommes accueillis par la responsable des lieux ; l’autorisation de visite nous ayant été donnée avant la date de réouverture.
             Ce sont d’immenses salles réalisées dans les carrières de pierre où nous avons circulé mais ici agrémentées d’une lumière douce : piscine, chemin de nage, bains bouillonnants, pièces individuelles pour les bains de boue, et ailleurs inhalations, etc… Vous n’avez plus qu’à vous laisser aller ! On s’occupe de vous, de votre corps pendant 18 jours (pas davantage !
Bassins divers
Chemin de nage
piscine individuelle
la cafétaria
              La journée se termine avec l’impression d’une certaine satisfaction : Jonzac, une ville qui a progressé dans son développement économique et touristique, accueillante avec ses guides que nous remercions.
              On note qu’elle a obtenu d’importants labels ainsi que leurs conservations (station classée de tourisme, les cent plus beaux détours de France, station verte, sites et cités remarquables, trésors de Saintonge, tourisme et handicap, villes et villages fleuris (3 fleurs)… label des villages de Pierre et d’Eau…
               Une petite pensée pour ceux qui n’étaient pas présents à cette journée mais peut-être ont-ils été séduits par toutes ces informations.
               En tout état de cause, Ils auront tout loisir de prendre la direction de Jonzac dès les beaux jours pour entreprendre les visites de leur choix.
               En un mot, et vous l’avez compris :  Jonzac vaut vraiment  le détour !
 
 
(Texte : Annie R. – Photos : Jean-Pierre L., Béatrice B. )