Date

jeudi 17 avril 2025
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Les inuits, peuples autochtones du cercle arctique

Gaël de Graverol, docteur en anthropologie sociale et ethnologie, diplômé de l’école des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) 
    Rappel de l’avant-propos :
         Vivant dans les hautes latitudes de l’Alaska, de la Sibérie, du Canada et du Groenland, les inuits se sont fixés à la périphérie du cercle arctique là où la présence de grands mammifères marins et terrestres garantissait une source de protéines et de matériaux indispensables à leur survie. 
          A la faveur d’une occupation pluri-millénaire du biotope hyperboréen, ces micro-sociétés de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs ont su vivre en bonne intelligence avec leur environnement. Cet équilibre reposait sur une exploitation raisonnée du milieu, guidée par une relation spirituelle intime avec la nature entretenue par le chamanisme. Il découlait aussi des liens d’échanges communautaires basés sur la solidarité et l’entraide entre familles.  
          La conférence en images expose les spécificités de la vie et de la pensée inuites traditionnelles, tout en brossant la réalité contemporaine de ces peuples confrontés aux défis de la sédentarité, de l’évangélisation et de l’intégration dans de grands ensembles nationaux. 
 
            Cette conférence donne l’occasion de rappeler le grand homme (dans tous les sens du terme) que fut le géographe et ethnologue qui dressa l’arbre généalogique de la tribu des Inughuits, les Esquimaux polaires, à l’époque (1951), forte de 302 membres, répartis sur un territoire très isolé et immense (300 km à vol d’oiseau du nord au sud), disséminés dans une dizaine de villages constitués d’iglous de terre et de tourbe.
1er ouvrage de Jean Malaurie, suivi de nombreuses rééditions sur le sujet. ed. Terre humaine - que Jean Malaurie créa en 1955 -
                Jean Malaurie travaille sous la direction d’un géographe réputé, Emmanuel de Martonne. Il a choisi de la glaciologie, les effets du froid sur la pierre. Il est sur le terrain là où les écarts de température sont le plus élevés, d’abord au Sahara, puis au Groenland.
               Le Grand Nord sera son chemin de Damas. « Je suis parti pour Thulé avec ma seule solde d’attaché de recherche au CNRS. Ce séjour a changé ma vie : je suis passé de la pierre à l’homme. » 
               Il y rencontre des êtres exceptionnels, endurcis par une vie précaire, au sein de communautés fragiles. Il est stupéfait de constater que les Inuits « primitifs » qu’il côtoie ont une pensée aussi complexe que n’importe quel universitaire occidental, qu’ils développent une véritable philosophie de la nature.
                Il poursuivra ses travaux d’anthropologue et de glaciologue tout au long de sa vie laquelle fut longue. Il décède en 2024 à l’âge de 102 ans.